Être sauvé

L’arrivée d’un Messie

Quand la vie est trop douloureuse, dans la durée et qu’on ne voit pas d’issues, on rêve de l’arrivée d’une personne dans notre vie, pour nous extraire des difficultés. Un homme, une femme, un maître, un enseignant, un guide, un parent. Peu importe la figure qui nous ferait du bien, on attend le retour du Messie. Sa présence, sa sagesse, son soutien nous aiderait à y voir plus clair et surtout à faire les bons choix pour avancer dans une direction réellement salvatrice. Nous voulons être sauvés de cette situation inextricable car nous sommes convaincus de ne pas y parvenir par nous-même.

Le manque de contrôle sur sa vie

Ce qui explique cet état victimaire dans lequel on reste enfermé est le manque de contrôle sur notre vie. Ce que l’on nomme pouvoir personnel est quasi inexistant. On subit les événements sans avoir prise dessus et on est ballotté sans cesse, sans pouvoir jamais rien y changer. Bien que des solutions existent et nous sont parfois présentées jusque sous notre nez, nous refusons de les voir. Nous sommes comme des enfants qui refusons de fournir l’effort et préférons être pris en charge par d’autres. Nous nous racontons l’histoire que tout cela est injuste et qu’il est temps qu’il y ait réparation pour le préjudice subi.

Loin de moi l’idée de juger la souffrance d’autrui. Mon intention est d’expliquer un phénomène à l’œuvre et de fournir des clés pour nous émanciper d’un état malmenant pour nous-mêmes.

Prendre ses responsabilités

Nous sommes des adultes. Ce qui définit un adulte est, entre autres, sa capacité à prendre la responsabilité de sa vie. C’est-à-dire avoir conscience que le choix doit être pris par lui, le mouvement doit être initié par lui et que rien ne s’accomplira sans une dynamique venant d’abord de son intériorité. Car avancer seul n’est pas souhaitable, n’est juste pas possible parfois et nous pouvons et devons nous faire accompagner quand cela est nécessaire.

Si on est malade, que notre corps est douleur, qu’allons-nous faire ? Supporter les sensations désagréables ou bien consulter un spécialiste qui nous aidera à comprendre ce que nous vivons et prodiguera le cas échéant des soins ou prescrira des remèdes ?

Le soutien psychique et psychologique

Pour les maux de notre corps, tout ceci est très clair. Pour ceux de l’esprit, la bataille fait encore rage sur Terre pour comprendre profondément que nous avons besoin d’aide. Il peut s’agir d’un soutien thérapeutique ou d’une autre forme de soutien comme le coaching qui accompagne à la reprise de pouvoir personnel justement. Bien que largement galvaudé, le coaching est pourtant un levier extraordinaire de reconnexion à notre intériorité pour faire les choix qui nous épanouissent et l’accompagnement à implémenter des actions concrètes dans notre vie pour que les rêves enfouis deviennent réalité.

Un jeu relationnel toxique

Les personnes coincées dans un état victimaire sont celles qui bien souvent vont déclencher le jeu relationnel toxique le plus présent sur Terre : la triangulation victime – bourreau – sauveur. Et quand on est face à cela, on peut décider d’alimenter ce scénario ou bien de s’en extraire en rappelant à l’autre qu’il est adulte et qui a le pouvoir, par lui-même, de changer sa réalité et d’arrêter de subir. Mais parfois cela échoue car les cordes de notre empathie, quand ce ne sont pas l’attachement ou les sentiments qui nous lient à cette personne, peuvent être tirées.

Le sauveur

Dans une forme de supplication, l’enfant victime appelle à l’aide et le parent nourricier en nous, attendri, va céder à la demande en se positionnant en sauveur. « Oui ce pauvre enfant dans ce corps d’adulte est réellement démuni, il n’a aucun pouvoir, je dois l’aider. » En faisant cela, non seulement nous n’aidons par l’adulte en posture victimaire mais nous l’empêchons de grandir. Comment ? En prenant sa responsabilité sur nos épaules.

Les sauveurs se complaisent souvent dans ce rôle car il est valorisant pour eux d’apporter du mieux-être à quelqu’un. Enfin, c’est l’histoire qu’ils se racontent car en vérité, les deux protagonistes sont enfermés dans des schémas. Ils maintiennent une situation en état de stagnation et bloquent l’évolution de chacun.

Il est intéressant de chercher le bénéfice secondaire de chacun à entretenir un tel lien. Nous nous mentons souvent à nous-mêmes en entretenant un discours officiel et en nous cachant les vraies motivations à rester dans la relation. Trouver ces raisons est une clé précieuse, celle de notre axe de travail pour s’émanciper de la problématique.

Stopper le jeu relationnel

La seule façon de stopper ce jeu psychologique est de maintenir une posture d’adulte et de s’adresser à l’adulte en face de nous : « Qu’est-ce que tu pourrais mettre en place pour aller mieux ? De quelles ressources disposes-tu pour cela ? As-tu déjà fait des recherches pour être soutenu dans cette démarche ? ». Quand cela est opportun, apporter avec l’aval de la personne, des propositions d’actions peut être bénéfique. Être présent à ses côtés aussi, l’encourager. Mais faire à sa place revient à le contrôler.
Or, l’individu a besoin d’autonomie, de récupérer cette capacité à agir, en accord avec ce qui lui semble juste et bénéfique pour son évolution.

Un manque de souveraineté personnelle

Ainsi, que nous soyons dans le rôle de victime ou de sauveur, ces rôles viennent témoigner d’un manque de souveraineté personnelle dans nos vies. Car lorsque l’on fait face à nos propres responsabilités, nous n’avons plus envie d’alimenter les postures de victime en face de nous mais bien d’aider les personnes à s’élever elles-mêmes. Et quand je dis aider, il ne s’agit pas de se sacrifier. Et c’est là, toute la subtilité. Une fois que l’information a été transmise, une fois, deux fois, trois fois et que la personne n’engage aucune action, c’est qu’elle n’est pas prête pour cela. Elle ne souhaite pas profondément le changement pour elle-même et préfère se complaire dans le rôle de victime.

Un événement catalyseur

Il arrive qu’il faille des événements choquants, bouleversants, plaçant la personne au pied du mur, pour que sa volonté de changer devienne manifeste. Tant que l’environnement est tiède, elle s’y complaît quelque part. Pourquoi ? Parce qu’elle a développé une résistance à la douleur. Elle a appris à supporter des choses insupportables pour sa psyché. Il faudra alors un événement catalyseur bien plus puissant pour pulvériser la structure d’asservissement qui l’enferme. Une structure faite de protections psychiques bloquantes pour son évolution.

Fournir l’effort

Dans tous les cas, le choix d’évoluer nous reviendra toujours. Et il est primordial que bien souvent, cela s’accompagnera d’efforts soutenus, d’inconfort, d’abnégation parfois avant de pouvoir éprouver la pleine joie de la libération de notre être. C’est le cadeau offert aux Âmes courageuses, pugnaces et patientes sur ce chemin.

Chercher de l’aide

Si vous vous retrouvez dans le descriptif de l’adulte victime des événements, cherchez autour de vous de l’aide, du soutien pour tenter de comprendre ce qu’il se joue pour vous. Et n’abandonnez pas au premier obstacle. Il arrivera que la première, la deuxième, la troisième personne que vous contactez ne soit pas celle qui vous convient. Mais que ferez-vous à ce moment-là ? Allez-vous encore blâmer la vie pour votre triste existence ou allez-vous vous retrousser les manches et continuer jusqu’à ce que vous trouviez ?

Retrouver la Foi

Nous sommes nombreux à avoir échoué avant de trouver la solution. Errer pendant des années à la recherche d’une réponse sur une problématique donnée. Ces expériences de vie sont venues nous tester sur une chose : notre foi. A savoir, notre confiance dans la Vie. Et le regard qu’on porte sur Soi.

Est-ce qu’on se considère comme un oublié de l’Univers, celui qui a tiré la mauvaise carte à la naissance ? Ou bien pouvons-nous envisager qu’il s’agit d’autre chose ? Une réflexion de notre intériorité, à savoir que nous manifestons ce que nous pensons. Et donc la seule manière de changer cela est bien de s’accrocher, de persévérer et de toujours continuer à chercher des solutions. Même quand rien n’indique qu’une solution existe. Seul celui qui renonce ne peut voir le miracle advenir.

Blessure d’abandon

En filigrane, il y a souvent la blessure d’abandon qui œuvre. C’est-à-dire que la personne se sent abandonnée par la vie, abandonnée par toute personne qui ne veut pas la sauver. Alors qu’en vérité, elle est la première à s’abandonner, à se laisser tomber, à ne pas agir selon ses valeurs profondes et à ne pas prendre soin d’elle. A ne pas se respecter et à ne pas respecter les autres.

Se faire accompagner sur la capacité à faire grandir la Foi en Nous est aussi possible…si la réelle problématique derrière les difficultés que nous rencontrons est vraiment celle-là.

Crédits photo : ©Dale_Nibbe

Version audio de l’Article

Je suis Amélie, la fondatrice du Bouleau Enchanté et l’autrice de ces articles. Merci de votre présence ici. Vous pouvez retrouver les articles en format podcast sur la chaîne Youtube du Bouleau Enchanté.

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