Un malaise intérieur
Que vous soyez seul chez vous ou bien entouré de personnes, vous pouvez ressentir ce malaise intérieur. Cette sensation difficilement descriptible qui pourrait se traduire par un coeur serré, un estomac noué, une oppression sourde. Et en même temps c’est subtil, ça ne fait pas vraiment mal. Comme si quelque chose ne circulait pas, un blocage, une absence. Vous vous sentez vide.
Un sentiment de déconnexion
Ni joie débordante, ni réelle tristesse, une forme d’anesthésie qui vous fait vous demander : suis-je vraiment vivant ? Vous ne savez pas ce dont vous avez envie, ce qui pourrait vous donner de l’entrain, le sourire. Il y a une partie de vous avec laquelle vous n’êtes pas connecté. Vous commencez une activité et elle vous lasse rapidement. Vous entamez une relation et vous n’êtes pas satisfait, il vous manque toujours quelque chose.
Conduites à risque
Il n’est pas rare dans ces moments-là de rechercher des sensations fortes à travers des conduites à risque : rouler vite en voiture, jouer à des jeux d’argent, multiplier les partenaires sexuels, enchaîner les relations pour vivre cette exaltation du début, se gaver de façon automatique sans apprécier ce qu’on porte à notre bouche.
Mais vous pouvez tout autant, chercher à vous endormir, à ne plus capter les signaux de votre corps et les substances comme le cannabis vous coupe très bien du réel pour cela.
Refuser cet état
Vous ne comprenez quel est votre problème et comment vous sortir de cet état mi-léthargique mi-dépressif. Vous vous observez et vous vous dites que vous n’allez pas passer le reste de votre existence ainsi, sinon à quoi bon vivre ?
L’expérience de notre incarnation est faite pour évoluer, pour tendre vers davantage de bien-être et pour contribuer de façon positive et constructive au monde. Pas pour subir un état de passivité.
De multiples causes apparentes
Le vide intérieur peut avoir de multiples causes apparentes comme un changement dans notre vie, la perte d’un proche, d’un travail, une situation stressante. Ou bien cela a pu s’installer insidieusement au fil des ans et quand on y pense, on a toujours ressenti plus ou moins cet état d’être. La racine derrière tout cela est la déconnexion à votre identité profonde.
La racine : être coupé de son identité profonde
Votre identité profonde trouve ses fondements dans certaines valeurs que vous portez comme socle de référence en vous. Ces valeurs peuvent changer au cours de votre vie mais dans le moment présent, elle constitue votre système de références pour vous épanouir.
Votre système de valeurs
Si vous ne connaissez pas ces valeurs, vous ne pouvez pas les honorer. Si vous les ignorez, vous ne les respectez pas et cela affecte directement votre moral. Vous vivez une vie à côté de votre vie, celle de quelqu’un d’autre, celle qu’un système a décidé pour vous.
Ce qui explique ce décalage provient souvent des conditionnements de notre enfance, à travers l’école, la société mais aussi certaines loyautés familiales auxquelles nous nous trouvons encore attachés pour ne pas dire enchaînés. Car elles agissent comme des prisons pour notre être si nous perpétuons des croyances qui nous enferment et qui appartiennent à d’autres.
La manifestation concrète de ses valeurs dans votre vie
Déterminer vos valeurs et observer de quelles manières elles peuvent se concrétiser dans votre quotidien est primordial. Par exemple : une de mes valeurs est la beauté. Cela se traduit par le fait d’habiter un logement de qualité, avec des matériaux nobles comme le bois, respectueux de l’environnement, une décoration intérieure soignée et à mon goût, la proximité avec la nature. Cela m’est propre et cette valeur beauté s’exprimera de façon très différente chez quelqu’un d’autre.
Si je vis en ville, dans la promiscuité, dans la tour d’un immeuble avec pour vis-à-vis d’autres murs de grisailles, peu d’espace pour aménager à mon goût et la nécessité de prendre les transports pour voire un peu de pelouse, je serai mal.
Les aspirations de notre âme
Au-delà des valeurs, il y a les aspirations de notre âme. Ce sont véritablement les accomplissements qu’elle aimerait réaliser le temps de son passage sur Terre. Ce peut être se mettre au service du vivant à travers son activité professionnelle : être vétérinaire, ingénieur hydrologue, technicien forestier. A nous de trouver ce qui ferait profondément sens et nous nourrirait.
Travailler dans une structure dont le but est le bénéfice financier, l’appui à faire tourner cette grosse machine capitaliste peut briser notre âme. Car cela va à l’encontre de ce qui nous semble important et de la façon dont nous voulons voir ce monde évoluer. Cette vision est directement corrélée à nos valeurs. Ce sont nos fondamentaux.
Beaucoup ferment les yeux en pensant : de toutes façons tout ceci est en dehors de ma portée, je ne peux rien changer alors autant continuer. C’est du déni et ça a le pouvoir de nous anéantir. Car quand on tourne le dos à nos aspirations, on tourne le dos à la vie et c’est ainsi que le vide intérieur s’installe. La perte de sens aussi.
Notre dialogue intérieur
Le manque de lien avec notre identité profonde peut aussi s’exprimer à travers notre dialogue intérieur. Finalement, nous ne savons pas ce qui est bon pour nous, nous ne savons pas dialoguer avec notre âme, nous relier à elle donc nous restons dans le champ du mental.
Le problème est que le champ du mental est régi par nos conditionnements. C’est comme ça qu’on perpétue les schémas de notre enfance. Alors, il nous faut apprendre à discerner les voix dans notre tête, ce que nous appelons pensées et qui dialoguent à tout va à longueur de journées.
Car les voix que nous suivons nous emmènent dans une certaine direction. Et si nous ne sommes pas capables de faire la différence entre les voix de notre mental et celles de notre âme ou identité profonde alors nous n’allons pas dans une direction qui pourra nous épanouir. Cela peut se vérifier pour les grandes décisions de notre vie comme pour celles du quotidien. Répondre à ses besoins du corps, de l’esprit, de l’émotionnel est indispensable.
Trauma et trauma complexe
D’ailleurs une autre facette de ce vide intérieur peut être la présence de trauma qui nous coupe de certains aspects de nous-même. Il faut savoir que le trauma d’un événement particulier ou alors le trauma complexe qui vient affecter différents aspects de notre identité construit des murs de séparation entre notre Moi profond et cette identité terrestre.
Exemple 1 de trauma complexe
Prenons un exemple concret : enfant, spontanément j’allais vers ma mère pour lui partager une joie comme un dessin ou une découverte. Mais ma mère pouvait être occupée et prise dans ses problèmes. Alors, elle n’écoutait pas, elle n’était pas présente. Ainsi s’est enregistré en moi que je ne suis pas intéressante. C’est la croyance que j’ai développée.
Avec les années, je ne suis plus capable de partager des choses légères spontanément. Un mur sépare mon enfant de mon moi adulte et cette circulation d’énergie, d’information ne se fait plus. Sauf que j’ai besoin, pour être à l’équilibre, de pouvoir le faire. Mais je ne peux pas, je suis mutique. Je m’interdis d’être moi-même, authentique dans mes relations car la douleur de ne pas être écoutée et de me croire inintéressante est si grande, je l’ai tellement vécue que je préfère me taire. C’est moins douloureux sur le moment. Beaucoup plus préjudiciable sur le long terme. Un vide intérieur s’installe car j’ai un besoin non comblé.
Exemple 2 de trauma complexe
Autre exemple : à chaque fois que j’affirmais mon opinion, mon père me réprimendait avec violence en me dictant quoi penser. L’autorité, l’ascendance physique faisait que je me taisais, je me recroquevillais. J’ai appris par les cris que ce que je pense, mon esprit critique n’est pas juste. Alors maintenant, je n’ose plus affirmer mes préférences et je fais des choix standards pour rester dans les clous. Sauf que, ce n’est pas ce que je veux profondément. Le problème est que la répétition des négations de mon être m’ont fait perdre le lien à moi-même.
Recontacter sa créativité
Un médium qui m’a grandement aidée sur ce chemin, au-delà du travail thérapeutique est l’expression créative et artistique. C’est une voie absolument formidable pour renouer avec son identité profonde et combler ce vide si présent. Car à travers elle, non seulement nous nous donnons l’autorisation petit à petit de nous exprimer librement et à notre manière. Mais en plus, l’acte de créer, sans que cela ne soit nécessairement de grandes œuvres nous permet de ressentir ce courant de vie nous traverser.
Expression artistique : une nourriture pour l’âme
Créer est une des sensations les plus nourrissantes au monde. Cela a le pouvoir de remplir des corps vides qui se sentent abandonnés. Cela a le pouvoir de réveiller des esprits délaissés qui se pensent seuls et isolés. Physiquement, créer nous engage dans le mouvement, nous mobilise et nous pousse à remettre en circulation ce qui stagne, à lever ce qui empêche le flux de circuler librement. Créer nous apporte aussi un sentiment de fierté personnelle et nous remplit d’une saine satisfaction.
Cela réactive notre imagination, ouvre notre champ de vision de perspectives motivantes car les idées affluent, se connectent entre elles et nous proposent des projets enthousiasmants. Avec cette excitation de ne pas savoir exactement où on va mais d’avoir l’assurance de prendre du plaisir.
Le vide intérieur est ainsi un manque de lien à soi, aux autres et au monde. Plus nous recréons des espaces de communication en nous et avec l’extérieur, plus nous permettons à la vie de revenir nous habiter. N’oublions la présence chaleureuse des animaux pour nous soutenir ainsi que celle très réconfortante des végétaux et notamment des arbres, qui peuvent le temps d’une accolade se montrer généreux dans ce qu’ils transmettent.
Petite note personnelle
Vers l’âge de 10 ans, j’ai commencé à expérimenter ce vide intérieur. Ma réalité extérieure avait pris le temps sombre de ma réalité intérieure qui était faite d’insécurité permanente et d’absence de perspectives rassurantes. Je vivais dans une forme de terreur avec quelques moments d’accalmie qui se traduisaient souvent par ce vide intérieur.
Puis avec les années, j’ai trouvé des stratégies d’évitement pour ne plus être confrontée à ces douloureuses sensations et à l’image de moi-même dégradée. Le jour où j’ai entamée une thérapie, j’ai commencé à renouer avec moi-même et la vie a circulé de nouveau.
Puis plus tard, j’ai recontacté ma créativité et j’ai commencé à peindre. Cela m’a clairement fait passer un cap supplémentaire dans la présence de vie en moi-même. Cette ouverture artistique m’a permis de recontacter ma nature spirituelle alors encore une fois, j’ai monté les marches vers davantage de paix en moi.
Le vide intérieur existe encore à quelques endroits de ma vie puisque j’ai des troubles de l’anxiété sociale depuis mes 10 ans, entre autres problèmes. Mais années après années, guérison après guérison, je n’ai eu de cesse de me sentir mieux, d’évoluer et de développer une connexion à moi-même et à plus large que je n’aurais pas cru aussi nourrissante et bienfaisante.
Cela mène à l’Amour de Soi qui est la plus haute forme de considération que nous pouvons avoir pour nous-même. Et plus on prend soin de qui l’on est, moins on dépend des autres.
Mes deux accompagnements trouveront peut-être écho en vous. Mieux vivre son incarnation si vous vous sentez perdus et déconnectés de vous-même. Réveiller l’Artiste en Soi, si vous souhaitez remettre de la couleur et de la joie dans votre existence.
Je vous souhaite de trouver les moyens qui vous permettront de sortir de cet état d’être malmenant pour vous-même et retrouver le goût de vivre pleinement.
Crédits photo : ©pixmike
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