Insécurité Permanente

85 % d’entre nous vivons dans l’insécurité

Une grande majorité d’entre nous vit dans un état d’insécurité intérieure. Une étude réalisée par Stephen Porges, le fondateur de la théorie polyvagale, estime que nous sommes 85 % à vivre dans l’insécurité. C’est-à-dire qu’inconsciemment, notre corps perçoit des menaces et du danger pour notre intégrité physique ou psychique dans de nombreuses situations du quotidien. Alors qu’en réalité, c’est notre perception de la réalité qui est déformée.

Exemples de réactions insécures

Par exemple, un collègue vous fait une remarque désobligeante devant tout le monde lors d’une réunion. Votre première réaction va être de vous figer, vous raidir, votre regard est dans le vague, vous avez le souffle court. A ce moment-là, vous n’arrivez pas à raisonner et à apporter une réponse. Vous dissociez. Votre silence donne encore plus de poids à la remarque. Le mode survie est activé par votre système nerveux. Votre cerveau a traduit la remarque comme une potentielle condamnation et mis au ban du groupe. Or, l’isolement fait partie de nos peurs archaïques.

Autre exemple, vous faites les courses au supermarché. Une personne pressée vous bouscule et s’excuse à peine en traçant sa route. Une colère monte en vous et intérieurement vous l’insultez. Vous savez qu’elle n’en a pas fait exprès mais votre système nerveux a perçu cela comme une attaque alors il réagit de suite au stimuli en vous préparant au mode combat. Vous avez une énergie intense à évacuer et mieux vaut pour elle qu’elle ne vous rencontre pas de nouveau.

Hypervigilance et stress profond

L’événement paraît banal mais pour votre corps c’est une anxiété intense. Et des événements comme celui-là peuvent se produire de nombreuses fois dans une journée. Si bien que vous finissez par vivre davantage en réaction, en hypervigilance, dans un état de stress profond plutôt que de façon apaisée, sereine. Alors que votre environnement ne présente pas de caractère fondamentalement dangereux pour vous.

Psychotraumatisme banalisé

Certaines personnes, porteuses de psychotraumatismes sont particulièrement exposées à cela. Il n’est nécessaire d’avoir vécu un événement traumatique comme un accident, une maladie ou la perte d’un proche pour développer un psychotraumatisme. Un environnement familial dysfonctionnel, avec de la négligence émotionnelle répétée peut créer du trauma complexe et affecter profondément la structure psychique de l’individu.

Bloqués dans le mode survie : combat

A force de vivre l’expérience du danger permanent, de la détresse intense, la personne peut rester bloquée dans ce mode survie.

Et le mode en survie peut littéralement griller notre système nerveux. Au niveau du travail, ça se traduit par le fait d’être toujours sur le qui-vive, en action, incapable de déléguer, faire toujours plus jusqu’à l’épuisement. On connaît ce phénomène sous le nom de burn-out. C’est le mode sympathique combat qui est activé au niveau de notre système nerveux.

Bloqués dans le mode survie : fuite

L’autre mode sympathique c’est celui de la fuite. Et on peut observer aujourd’hui des personnes qui s’éveillent qui vont utiliser inconsciemment la spiritualité pour fuir la réalité parce qu’elle est trop difficile à expérimenter. Ils vont plonger dans une forme de réalité parallèle où tout est Amour et Lumière et ils ne veulent plus de contact avec les difficultés de cette Terre, le mal qui y est présent. Ils peuvent même considérer que parler du mal attire le mal. Ainsi ces personnes sont dans une forme de « bliss astral » où ils rejettent la matière pour ne vivre principalement que dans l’esprit.

Bloqués dans le mode survie : figement

Enfin, certains pour ne plus être confrontée aux stimuli qui les épuisent, peuvent mettre en place des stratégies d’évitement. Ainsi, ils vont préférer la solitude aux contacts sociaux parce qu’au moins, avec eux-mêmes ils ne sont pas déclenchés émotionnellement. Le problème est qu’ils s’enferment dans un isolement qui peut rendre chaque nouvelle interaction plus challengeante au lieu d’apprendre à réguler leur système nerveux pour vivre les situations avec plus de justesse et de tempérance.

Comment savoir si vous êtes concernés ?

Si on a grandi dans une famille qui nous a câblé sur ce mode survie alors on a ce référentiel en nous. Il peut être difficile de conscientiser que notre système nerveux est dérégulé. On peut se sentir mal souvent sans réaliser qu’une grande partie du problème vient de là.

Ca peut se traduire par le fait d’appréhender de nouvelles rencontres, des contextes sociaux, des changements de vie, des déménagements, un nouveau travail etc. Au lieu d’être dans une forme de sérénité et de confiance face à ces événements, même si ressentir un peu de peur est normal, on va anticiper beaucoup, ruminer, générer des pensées de stress.

Le livre de Ludovic Leroux

Un livre que je conseille pour bien comprendre le phénomène de dérégulation du système nerveux est « nerf vague » par Ludovic Leroux. Il exprime très bien ce qu’il se passe dans notre corps, dans notre tête et quelle solution apporter.

Pour réguler son système nerveux, on agit sur le corps et sur la psyché.

Réguler son système nerveux

Pour le corps, il va y avoir des exercices qui vont nous détendre profondément comme le yoga, le pilates, la cohérence cardiaque. Ce sont des pratiques d’activation du nerf vague.

Pour la psyché, il est intéressant de se tourner vers les pratiques psycho somatiques qui accompagnent à la libération des traumas en nous parce que tant qu’on ne va pas à la racine du problème, le problème persiste.

Crédits photo : ©felix-mittermeier

Version vidéo de l’Article

Je suis Amélie, la fondatrice du Bouleau Enchanté et l’autrice de ces articles. Merci de votre présence ici. Vous pouvez retrouver les articles en format podcast sur la chaîne Youtube du Bouleau Enchanté.

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